- MÉTHODE MÊTRETÉ -
Les émotions positives font partie des leviers de la psychologie positive. Non pas pour nier ou recouvrir ce qui est difficile, mais pour élargir l’expérience intérieure et soutenir durablement l’équilibre émotionnel. Elles ne sont pas des états à forcer, mais des qualités à cultiver consciemment, lorsque le terrain le permet.
Les émotions positives ne remplacent jamais l’accueil émotionnel. Elles interviennent après, lorsque l’espace intérieur est suffisamment stable pour permettre un choix. Elles deviennent alors une nourriture émotionnelle qui soutient la vitalité, la motivation et la relation à la vie.
Pourquoi travailler avec les émotions positives
Les émotions positives ont une fonction bien précise : elles élargissent le champ de perception, assouplissent les réactions automatiques et renforcent les ressources internes. Elles ne suppriment pas les émotions difficiles, mais elles évitent que l’expérience émotionnelle ne se réduise à la peur, au stress ou à la tension.
Cultiver des émotions positives permet notamment de :
soutenir le système émotionnel dans la durée,
renforcer la capacité d’adaptation,
créer un terrain intérieur plus souple et plus vivant.
Il ne s’agit pas d’en ressentir beaucoup, ni souvent, mais de les introduire volontairement, même par petites touches, dans le quotidien.
Les 10 émotions positives comme palette
La psychologie positive identifie dix émotions positives principales. Tu peux les voir comme une palette, à la manière des couleurs d’un peintre : tu n’as pas besoin de toutes les utiliser en même temps, ni de les ressentir avec intensité. L’essentiel est de savoir laquelle tu choisis de nourrir à un moment donné.
Les 10 émotions positives sont :
Joie : le plaisir simple d’être en vie, sans raison particulière.
Gratitude : la reconnaissance de ce qui est déjà là, même modestement.
Sérénité : le sentiment d’apaisement et de sécurité intérieure.
Curiosité : l’élan d’exploration, l’ouverture à l’inconnu.
Espoir : la capacité à se projeter positivement vers l’avenir.
Fierté : la reconnaissance juste de ce qui a été accompli.
Amusement : la légèreté, le jeu, le sourire.
Inspiration : le fait d’être touché, élevé, stimulé intérieurement.
Admiration : la capacité à être émerveillé par plus grand que soi.
Amour : le lien, la connexion, la chaleur relationnelle.
Aucune de ces émotions n’est supérieure aux autres. Elles répondent simplement à des besoins émotionnels différents.
Mesurer l’accès, pas la performance
Ici, la question n’est pas : « Est-ce que je ressens souvent cette émotion ? », mais plutôt : « Est-ce que j’y ai accès ? »
Une émotion peut être présente : rarement, brièvement, faiblement et pourtant être accessible.
C’est cette accessibilité qui compte, pas la fréquence ni l’intensité.
Pour chacune des émotions proposées, pose-toi simplement la question suivante : « Sur une échelle de 0 à 10, à quel point est-ce que j’ai accès à cet état, même rarement, même faiblement ? »
0 = je n’y ai pas accès du tout. 10 = j’y ai accès facilement.
Il ne s’agit pas de juger, ni de comparer, ni de “faire monter la note”. Juste de cartographier ton terrain émotionnel actuel.
Cette façon de faire change tout : on ne mesure pas ce que tu ressens, mais ce qui reste possible en toi.
Comment utiliser cette palette au quotidien : Créer des conditions, pas forcer un état
Les émotions positives ne se commandent pas directement. On ne peut pas décider d’être joyeux, confiant ou apaisé par la volonté.
En revanche, elles peuvent émerger indirectement, à travers des choix simples et concrets : une action, un geste, une attention, une posture intérieure, un environnement.
L’idée n’est donc pas de “ressentir” à tout prix, mais de créer des conditions favorables.
Plutôt que de chercher à changer ton état global, choisis une seule émotion dans la palette, et pose-toi cette question très simple :
« Qu’est-ce qui, dans ma journée, pourrait lui faire une petite place ? »
Pas quelque chose de spectaculaire.
Juste un micro-ajustement : un moment, une façon de faire, une manière d’être en relation, un rythme un peu différent.
Même quelques secondes comptent. Une émotion positive n’a pas besoin d’être intense pour être nourrissante.
Ce qui compte, c’est l’ouverture qu’elle crée, même brièvement.
Les erreurs fréquentes à éviter
La première erreur est de vouloir utiliser les émotions positives pour éviter ou court-circuiter une émotion difficile. Si quelque chose demande à être accueilli ou pacifié, c’est toujours prioritaire.
La deuxième erreur est de viser une émotion qui ne correspond pas à ton état du moment. Forcer la joie quand le système est fatigué ou tendu crée souvent plus de frustration que de soutien.
Une autre erreur fréquente est de croire que ces émotions doivent être intenses ou durables. En réalité, quelques minutes suffisent pour nourrir le système émotionnel.
Enfin, évite de transformer cette palette en liste d’obligations. Il n’y a rien à réussir, seulement à expérimenter.
Choisir une émotion à cultiver
À un moment donné, pose-toi cette question simple : quelle émotion positive me serait la plus soutenante aujourd’hui ?
Ne cherche pas la “meilleure” émotion, mais celle qui te semble accessible et juste maintenant. Parfois, la sérénité sera plus aidante que la joie. Parfois, la curiosité ouvrira plus que l’espoir.
Une fois l’émotion choisie, demande-toi : comment puis-je favoriser l’émergence de cette émotion, concrètement, en 10 minutes ou moins ?
Cela peut être un geste simple, une action précise, une attention particulière.
Relire ton expérience avec justesse
Après quelques jours, observe ce qui se passe :
Quelles émotions te sont faciles d’accès ?
Lesquelles te demandent plus d’effort ?
Qu’est-ce que cela dit de ton état émotionnel actuel ?
Il ne s’agit pas de conclure, mais d’affiner la connaissance de toi-même. Les émotions positives deviennent alors des indicateurs, pas des objectifs.
Comment utiliser les émotions positives dans la suite du parcours
Cette palette va servir de matière première pour la psychologie positive que nous allons approfondir. Elle sera utilisée :
pour nourrir les piliers PERMA,
pour soutenir les pratiques quotidiennes,
pour stabiliser les états retrouvés après le travail émotionnel.
Tu pourras revenir régulièrement à cette liste, changer d’émotion, expérimenter, observer. Ce qui compte n’est pas ce que tu ressens, mais ce que tu choisis de nourrir.
